Vous aimiez Radioblog, vous adorerez Deezer !

Cette info a fait le buzz il y a quelques jours : un nouveau site propose d'écouter de la musique en ligne, gratuitement, et ce en toute légalité. Son nom ? Deezer.com

- L’annonce présentée par Free
- C’est de cette annonce que tout est parti pour Deezer.com
Tout commence par une histoire de guéguerre commerciale entre fournisseurs d'accès à Internet (FAI). Neuf lance, à grands coups de spots publicitaires (voir ici), son offre de téléchargement de musique illimitée. Le 23 août dernier, Free réplique en affichant sur son site web un encart annonçant une offre d'écoute de musique à la demande avec le site Deezer.com. Très vite, les sites spécialisés répandent l'information, et rapidement, on se rend compte d'un chose : il n'est absolument pas nécessaire d'être un freenaute pour accéder au service de Deezer.com ! Suite à la réception de nombreuses critiques, Free modifiera le texte de son annonce, ne revendiquant plus Deezer.com comme "son" offre de musique.
Un site sexy... et légal !
Savamment réalisé, graphiquement épuré, très ergonomique, Deezer s'inscrit dans la mouvance du web 2.0. On accède aux différentes fonctionnalités en quelques clics, difficile de faire plus simple. Les fonctions essentielles d'écoute de musique sont présentes (trouver une chanson, un album, un artiste ; créer ses propres playlists ou écouter des playlists générées à partir d'un artiste donné, etc.)
Oui, mais quoi de plus que ce que propose Radioblog aujourd'hui ?
L'innovation majeure, est la légalité du site. Là où Radioblog a connu quelques soucis par le passé (fermeture du site ordonnée par la Sacem, puis réouverture après un changement d'hébergeur), Deezer impose d'entrée sa patte en affichant en page d'accueil les termes de son accord passé avec la Sacem.

- Un design épuré
- Graphiquement, Deezer est très "tendance".
Tout démarre avec le site blogmuzik.net créé en Juin 2006 par deux Français : Daniel Marhely et Jonathan Benassaya. Ce site proposait à ses membres de partager leurs goûts musicaux en leur permettant d'uploader leurs fichiers mp3, afin que ceux-ci puissent être écoutables par tous. En février 2007, la Sacem intervient et fait fermer le site pour violation des droits d'auteur. Plutôt que de chercher à contourner les réglements, à l'image de Radioblog, les deux fondateurs du site entament des négociations avec la Sacem et parviennent à un accord financier : grâce aux revenus générés par les annonces publicitaires présentes sur le site, le site peut participer au financement des personnes créatrices de musique (auteurs, compositeurs, interprètes). Grâce à cette solution où tout le monde est gagnant (le site, les internautes et les artistes), Deezer.com devient donc le premier site à proposer légalement, gratuitement et sans limitation l'écoute de musique sur Internet.
Oui mais...
Tout cela serait formidable sans ces quelques couacs qui sont venus émailler l'émergence de Deezer. Tout commence par un problème relativement conventionnel lors de buzz tels que celui qu'a connu Deezer : une rupture totale du service, suite à un nombre de connexions sans doute multiplié par 10 ou 20. Le site présentera portes closes pendant quelques jours, la direction du site précisant même le 28 août sur l'antenne de BFM devoir au moins doubler le nombre de ses serveurs suite à l'annonce de Free.
Pendant cette interruption, les créateurs du site en profitent pour également réparer une faille de sécurité qui permettait sans difficulté de télécharger les musiques écoutées sur Deezer, et que les responsables de la Sacem n'avait que peu appréciée. Aujourd'hui, un internaute qui tenterait d'exploiter cette faille se retrouve avec un avertissement lui annonçant que ses coordonnées numériques (autrement dit son adresse IP) ont été enregistrées et qu'à la prochaine tentative de piratage, celles-ci seraient communiquées à la Sacem, qui entreprendrait des poursuites judiciaires. Un moyen plutôt dissuasif donc. Du moins, jusqu'à ce qu'un autre petit rusé de l'informatique trouve une faille à exploiter.
Universal rentre dans la danse
Le 25 août, la principale major ajoute son grain de sel à l'aventure Deezer, en déclarant : « Suite
aux articles récemment parus dans la presse, Universal Music précise
qu'aucun accord d'utilisation de son catalogue n'a été signé avec le
site Deezer.com. (…) En conséquence, le répertoire Universal Music
présent sur le site est exploité de façon illégale ». En effet, si un accord a bien été conclu avec la Sacem, rien n'a encore été signé avec les maisons de disques : « Maintenant nous passons aux producteurs, au mois de septembre. [...] La quasi-totalité des maisons de disque attendait qu’on signe la
SACEM pour finaliser nos accords, ce qui est chose faite [...] » déclare Jonathan Benassaya, dans une interview pour le site pc-inpact.com (à consulter ici). Mais en attendant, Universal souhaite que ses titres soient retirés du répertoire de Deezer. Ce qui n'est toujours pas le cas à l'heure actuelle. Pour le plus grand bonheur des internautes, qui croisent les doigts pour qu'un accord soit trouvé.
Julien