Il est de retour. Et il est pas content.


Le Lion d’Or pour "Le Bélier".

Le 16.02.2009 - Le Blog - 0 commentaire

Thème(s) associé(s) : Critique Cinéma

A la fin des années 80, Randy Robinson, dit The Ram ("Le Bélier"), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier... Brouillé avec sa fille, il est incapable d’entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l’adoration de ses fans. Mais lorsqu’il est foudroyé par une crise cardiaque au beau milieu d’un match, son médecin lui ordonne d’abandonner le catch : un autre combat pourrait lui être fatal. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et, dans le même temps, entame une liaison avec une strip-teaseuse vieillissante. Pourtant, son goût du spectacle et sa passion pour le catch risquent bien de reprendre le dessus et de le propulser de nouveau sur le ring...

Paris, jeudi 5 février 2009, 21h. J'ai le grand honneur d'être invité au Gaumont Marignan à l'avant-première de The Wrestler, le dernier chef d'oeuvre de Darren Aronofsky. Oui oui, chef d'oeuvre, je le savais déjà : on est fan ou on ne l'est pas. Après une petite heure d'attente - je suis arrivé bien en avance pour être sûr de choper une bonne place en salle - les deux zigotos pointent enfin le bout de leur nez (en plastoque pour l'un deux). Standing ovation pour mon réal' favori et Mickey Rourke, blagounette et anecdote de circonstance, bla bla bla, c'est parti pour la projo' !

Verdict : le kif complet. Aronosfky nous permet non seulement de découvrir les coulisses d'un sport / spectacle méconnu en France, mais il prouve une fois de plus son bel éclectisme et son immense talent en réussissant à nous émouvoir - sans niaiseries inutiles - avec le destin tragique de Randy, sorte d'anti-héros pathétique vivant dans son passé glorieux par peur d'affronter Auchan : la Vie, la vraie. Profondément touchant.

Ici, contrairement aux films précédents d'Aronofsky, point de recherche artistique ou esthétique dans les différents plans. Seul point d'orgue : émotion et réalisme. Et bien, grosse claque. Ce mec sait tout faire. La caméra, au plus près des visages, presque tremblotante, nous permet de ressentir pleinement toutes les émotions du film : de la violence des combats (si si !) à la colère et à la tristesse des différents personnages jusqu'au désespoir poignant de Randy. Brut de chez pomme.

Enfin, impossible de présenter The Wrestler sans évoquer la performance énorme de Mickey Rourke. Il est Randy "The Ram" !. Il faut dire aussi que le personnage lui sied à merveille, tant physiquement que psychologiquement. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de faire le parallèle entre Randy, catcheur désormais has-been, et Rourke, acteur considéré comme ringard après avoir été encencé dans les années 80.

The Wrestler, simple baroud d'honneur pour Micky ? Pas si sûr : le film a déjà obtenu le fameux Lion d'Or à Venise et Rourke le Golden Globe 2009 du meilleur acteur. A star is reborn ?

La Bananote de Ghysmo : 9/10.

 

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